samedi 13 février 2016

L’éveil du vampyre au travers de l’enseignement de Lilith


The Vampire by Philip Burne Jones


Ces derniers temps, on me pose souvent des questions sur le vampyrisme (nuance linguistique). J'ai du coup fouillé mon disque dur pour retrouver l'article que j'avais écrit il y a quelques années pour la revue d'une des loges de l'ordre ésotérique Dragon Rouge...

Une petite remise à jour (la partie en italique a été écrite par un confrère kabbaliste), et voici!


Qui est Lilith?


Lilith est connue dans maintes traditions et religions de par le monde, sous divers noms, une des plus anciennes sources étant vraisemblablement sumérienne, avec le nom de Lilitu, aux environs de 3000 ans avant JC.

La version phonétique "Lilith" n’apparaîtra que plus tard. Étymologiquement, « Lilith » est formée de la racine hébraïque LIL (Lamed-Yod-Lamed), qui signifie "nuit", "ce qui enveloppe", "ce qui voile". le mot hébreux pour "nuit", "Laylah" (Lamed-Yod-Lamed-He) possède la même racine. Certains linguistes associent la racine LIL au mot sumérien "Lil", qui signifie "air", "vent", "tempête". Lilith est d’ailleurs parfois vue comme un démon des tempêtes.

Dans la bible hébraïque, on la trouve dans le livre d’Isaiah 34 :14, où elle apparaît comme un démon de la nuit. Dans la bible de King James, elle est une chouette effraie. Il est intéressant de noter que cet oiseau est associé au strix des légendes romaines, se nourrissant de chair et de sang humains, ce qui indique clairement l’aspect vampyrique.

Dans la littérature apocalyptique, Lilith est stérile et la première femme d’Adam. Elle est également mentionnée dans les rouleaux de la Mer Morte et dans le Talmud.

Son nom reprend un nouvel essor au 13ème siècle, à travers les écrits kabbalistiques où elle est souvent vue comme la parèdre de Samaël. De nos jours, son culte est largement répandu parmi les occultistes pratiquant les Arts Sombres.


Le vampyre


Dans le rituel présenté plus bas, Lilith est appelée en tant que Mère de tout ce qui concerne le vampyrisme, tout autant que la magie liée à la puissance obscure de la Lune. Mais qu'est-ce que le vampyrisme, concrètement?

Le vampyrisme, c'est l'art de l'emprise, autrement dit la faculté de manipuler et absorber la force vitale de notre environnement, qu'il soit humain ou non.

Il y a en chacun de nous un vampyre* qui sommeille. Cet état est généralement inconscient, mais pourtant bien réel : nous passons notre temps à nous influencer les uns et les autres, souvent sans même s'en apercevoir, à nous vampyriser* les uns et les autres... N'avez-vous donc jamais ressenti un malaise ou une fatigue incompréhensible, émotionnelle ou mentale, mais aussi physique, en présence de ces individus qui vous sollicitent sans cesse et se plaignent à longueur de temps?

Bien entendu, si les extrêmes ou absolus n'existent pas, concrètement parlant, il y a des tempéraments qui auront plus tendance à être victime (typiquement les « trop » gentils), d'autres qui seront plutôt prédateur (notamment les pervers narcissiques et certains hypocondriaques). mais il n’en reste pas moins que tous, absolument TOUS, nous serons à certains moments victimes, et à d'autres, prédateurs: nous sommes des êtres cycliques, vivant dans un monde cyclique, ou tout est mouvement et renouvellement, échange et influence. Il y a le jour et la nuit, l'inspir et l'expir, l'activité et le repos, soi et l'autre... la Nature est complémentarité, et notre nature est bien évidemment à son image.

Bref, vouloir se cantonner à un camp est aussi idiot qu'impossible : être un prédateur uniquement (donc jamais victime, quel que soit le sens ou le contexte) équivaudrait à rester perpétuellement en apnée... Comprenez-vous l'absurdité de la chose ? Que les petits vampyres nouille-age aillent donc se rhabiller, cela fera des vacances à tout le monde!

Le vrai vampyre est celui qui a acquis une profonde connaissance, acceptation et compréhension de lui-même, des mécanismes s'opérant en lui et de la complémentarité clair/obscur de sa nature. Sans honte et sans peur, il sait et accueille ses faiblesses (ses états de « victime »), auxquelles il ne s'assujettit plus mais dont il se nourrit avidement (tel un prédateur) pour se régénérer, devenir plus fort et plus puissant.

A contrario, le guignol tout en apparence et en palabres macabres qui, quant à lui, s'imagine qu'être victime est avilissant et se pare donc d'une prestance digne d'un Dracula d'opérette, est pourtant le premier esclave de ses chimères... et loin, à des années lumière, d'une quelconque once de maîtrise du sombre art de l'emprise. A bon entendeur...

Dans le prochain article, le rituel d'éveil du vampyre!



* Un "v" minuscule pour désigner l'art sorcier en question (l'art de l'emprise, c'est-à-dire la pratique consciente - avec recherche de maîtrise [de soi] - du vampyrisme), un "V" majuscule pour désigner la "philosophie de vie" (qui intègre la pratique, bien évidemment).


2 commentaires:

  1. Merci pour cet article qui fait le lien entre plusieurs notions qui aident à mieux comprendre ce thème de Lilith, appelée aussi lune noire en astrologie. La chouette représente aussi la connaissance : oui, la connaissance de la nuit, du monde caché, de l'inconscient.

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    1. Je suis en train de remettre en forme la suite : le rituel en pratique, du moins ce qui peut être dit en dehors de l’alcôve ;)

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