mercredi 18 janvier 2017

L’effort, cet empêcheur de tourner en rond...




La plus grande peine de l'humain, c'est l'effort. Non, pas tant l'effort d'imiter, de copier, d'apprendre par coeur et de répéter, souvent sans vraiment connaître, sans vraiment comprendre. Mais l'effort sur soi, celui d'attraper le bout du fil et de le remonter petit à petit, pas après pas, tranquillement et à son rythme.

On "veut", on "exige", de autres et de la vie plutôt que de soi-même. Parce que c'est bien connu, l'enfer, c'est l'autre. C'est la vie qui est injuste avec nous, par nous-même envers nous-même. Ce n'est pas Caliméro qui dira le contraire.

Et lorsque l'on approche dangereusement du fond, un soubressaut de conscience nous montre un pan de cette immense force qui sommeille en nous. Motivé, on prend son courage à deux mains, et c'est décidé, on va bosser sur soi! Mais c'était sans compter sur l'ennemi juré: l'effort... Ah, quelle pourriture celui-là, ne pourrait-on pas pour une fois avoir tout ce que l'on souhaite sans qu'il vienne pointer son nez!

Depuis vingt ans que j'enseigne, je ne compte plus le nombre d'élèves qui sont arrivés motivés, ou du moins le croyaient-ils, et baissant les bras au moindre effort, voire même juste à l'idée de l'effort. Pourtant, on commence en douceur, étape par étape, avec soutien et réconfort. Mais apparemment rien que cinq minutes par jour de conscience, ou cinq minutes par jour à s'observer... l'effort est insurmontable.

On préfère alors acheter des bouquins en veux-tu en voilà, parce que l'éveil est une question de littérature, le bonheur, d'érudition, et le savoir, d'intellect. N'est-ce pas? Et payer pour d'obscurs enseignements sur polycopiés, et pour ces vagues stages qui nous caressent dans le sens du poil, dont les fruits ne nourriront finalement pas plus que nos fantasmes. Comme ça, on ne se mouille pas trop, des fois que prendre ses responsabilités signerait notre arrêt de mort. Et puis, c'est tellement plus facile de payer de son portefeuille que de sa personne, de se faire plaisir que de se remettre en question. Aaaah, la facilité, cette chère facilité, dur de résister au chant de la sirène...

Et la vie étant affaire de cycles, on revient à la case départ, ou intermédiaire, c'est selon, en finissant par redescendre à nouveau dans l'abyssale détresse, car on "sent" qu'il y a autre chose, on "sent" que l'on pourrait avoir tellement plus, on "sent" qu'un potentiel dort en nous... Et rebelote, nous voilà à nouveau motivé à nous prendre en main. Et cette fois, c'est la bonne! Mais... parce qu'il y a toujours un mais, hein? Mais revoilà l'ennemi juré, l'effort. Plus tenace que lui, y a pas... Enfin si, NOUS, faudrait-il juste prendre la peine de faire... un effort...

Je souhaite à tous que 2017 verra une vague de motivation s'élever assez haut pour ne pas disparaître dès que la marrée baisse. Et je félicite, rends hommage et m'agenouille devant ceux qui malgré les vents contraires, tiennent bon la barre. Je vous remercie et vous suis reconnaissante. Vous êtes un exemple, puissiez-vous faire des émules.

La victoire aime l'effort, disait le poète latin Catulle.